Nouvelles du front pour la Vie : 30 ans ça suffit

 
   
   
 



 
   
   
     
   
     
   
     
   
   
   
     
   
     
   
     
   
     
   
     
   
   
   
     
   
     
   
   
   
     
   
   
     
   
   
   
     
   
   
     
   
   
   
     
   
   
     
 
 

Le 21 janvier prochain se tiendra à Paris la Marche annuelle pour la Vie à l’appel du Collectif « 30 ans ça suffit ». L’année dernière, cet évènement majeur du combat pro-vie a rassemblé 12 000 personnes venant d’horizons très divers : chrétiens de toutes confessions, de tous âges, venus parfois de très loin comme ces Polonais, ces Italiens, ces Espagnols et ces Suisses heureux de soutenir leurs amis français en se joignant à un cortège parisien qui a étonné les passants par son caractère festif.

Cette année, la Marche pour la Vie prendra une signification toute particulière : il faut que la voix des « pro-vie » se fasse entendre à l’approche des échéances électorales ! Car le meilleur allié du « génocide de l’ombre » est bel et bien ce silence qu’il nous faut rompre pour rouvrir le débat et faire apparaître toute la vérité sur cette question fondamentale.

L’avortement est la racine du mal qui ronge les nations occidentales. La France est l’un des pays où la culture de mort est triomphante. Chez nous, un enfant à naître sur quatre finit à l’incinérateur depuis plus de trente ans : il manque aujourd’hui 6 millions et demi de Français.

En intitulant leur comité « 30 ans ça suffit », les organisateurs de la Marche pour la Vie rappellent que l’adoption de la loi Veil en 1975 a marqué un tournant décisif pour notre pays.

Avortement et immigration de peuplement

Leur propos est apolitique. Mais comment ne pas faire le rapprochement avec la mesure concomitante prise l’année suivante ? En 1976, nos gouvernants choisissent de compenser le fléchissement démographique, qui vient de s’accélérer avec la loi Veil, par une immigration de peuplement en autorisant le regroupement familial.

La même logique de substitution est à l’œuvre aujourd’hui dans les pays de tradition catholique, où le taux de natalité s’effondre tandis que le nombre d’avortements augmente d’année en année : comme d’autres hommes politiques en leur temps, Romano Prodi et José Luis Zapatero préfèrent les régularisations massives et les flux migratoires continus qu’elles alimentent, plutôt que d’écouter les propositions des défenseurs de la Vie et de la famille, jugées trop réactionnaires.

Quand les soixante-huitards auront fait leur temps et perdu leur capacité de nuisance dans les institutions et les médias, toute l’étendue du crime apparaîtra au plus grand nombre. Un scandale sanglant dénoncé sans relâche et avec le plus grand courage depuis trente ans par les personnalités politiques de la Droite nationale. Pour l’heure, en refusant aussi massivement la vie, les nations européennes ressemblent au peuple chanté par le psalmiste :

« Ils versent le sang innocent, le sang de leurs fils et de leurs filles (…) et la terre en est profanée. » (Psaume 106)

Les sourd consentement à l’abomination

Le paradoxe de ces nations est de reconnaître toute l’étendue de l’horreur des exterminations du XXe siècle tout en tournant lâchement le dos à l’élimination industrielle de millions d’enfants à naître dans nos démocraties occidentales. Un éditorialiste du quotidien conservateur espagnol ABC écrivait le mois dernier :

« Si la perpétration en toute tranquillité d’avortements est en soi un crime abject, le sourd consentement d’une société capable de s’en accommoder nous semble encore plus abject. Un jour viendra, où les générations à venir, en se penchant sur les fosses communes de l’avortement, tressailliront d’horreur, comme nous le faisons aujourd’hui face aux massacres des camps d’extermination.

« À ceci près que les chiffres de l’avortement seront alors bien plus importants et effrayants. « Dénoncer cette barbarie, génocidaire dans l’acception la plus pure de ce concept, est devenu un motif de proscription et de mépris. Ce qui passe pour progressiste, c’est cautionner cette barbarie, s’en féliciter, ou tout au moins transiger avec elle, comme si la barbarie était quelque chose qui ne nous concernait pas, comme si l’air que nous respirons n’était pas infecté de ses effluves.

« Mais les seuls effluves qui semblent vouloir combattre les progressistes sont ceux du tabac. Un jour, nos enfants cracheront sur nos tombes, dégoûtés par notre abjection. D’ici là, on continue à travailler à la chaîne dans les abattoirs d’enfants à naître. »

Malgré cette adversité dont parle J.M. De Prada dans son éditorial, nous devons contribuer de toutes nos forces au reflux de la vague idéologique mortifère qui, depuis la fin des années 60, a submergé les principes éthiques les plus élémentaires. Il nous faut rompre la chape de plomb imposée par la génération 68, briser ce silence abyssal qui empêche une prise de conscience du plus grand nombre. La Marche pour la Vie du 21 janvier à Paris est l’occasion de poser un acte en ce sens : ne la manquons pas.

Barcelone : Le couloir européen de l’avortement

Rompre le silence, tel est aussi l’objectif de journalistes d’investigation qui ont, à deux reprises, mis en lumière le business monstrueux de l’avortement tardif de certaines cliniques privées espagnoles.

Le subterfuge utilisé est à chaque fois le même : deux journalistes, une jeune femme enceinte de 26 semaines accompagnée d’un collègue, se font passer pour deux amants désirant mettre fin à une grossesse non désirée. Munis d’une caméra cachée, ils filment à leur insu leurs interlocuteurs qui, croyant avoir affaire à des clients ordinaires, se trahissent en livrant des informations explicites quant aux avortements illégaux qu’ils facilitent plus ou moins directement.

En septembre 2004, Daniel Foggo et Charlotte Edwardes, deux journalistes du Sunday Telegraph, parviennent à piéger les acteurs d’une chaîne qui conduit chaque année un millier de femmes britanniques, des permanences du BPAS (1) à certaines cliniques privées de Barcelone où elles mettent un terme à une grossesse de 25 à 32 semaines parfaitement saine et ne présentant aucun risque de santé pour elles.

Bien que le délai légal de l’avortement en Espagne (22 semaines) soit inférieur à celui en vigueur en Grande Bretagne (24 semaines), le laxisme délibéré des autorités sanitaires catalanes a permis à une véritable filière de l’avortement tardif de prospérer malgré les plaintes constantes des mouvements pro-vie espagnols.

Pour contourner la loi espagnole, les médecins-avorteurs barcelonais faussent le dossier médical de la patiente en y insérant des données erronées : malformations fœtales, saignements rendant indispensable un avortement qualifié d’« urgence gynécologique »… Dans la plupart des cas, ils choisissent d’invoquer un motif des plus surréalistes, mais néanmoins prévu par la loi espagnole: la sauvegarde de la santé mentale de la mère. Imparable…

La barbarie de l’infanticide à la chaîne

Dans la série d’articles des journalistes du Sunday Telegraph, on découvre non seulement l’ordinaire sordide de cette filière transnationale de l’avortement, mais on mesure également le niveau d’iniquité et d’horreur atteint par les acteurs de cette chaîne de mort.

On éprouve très rapidement un malaise face à cette barbarie qui ne dérange personne. Une barbarie qui en rappelle une autre…

Pour des honoraires s’échelonnant entre 3 000 et 4 000 euros selon la maturité de la grossesse à interrompre, un certain docteur Tanda (2) se transforme en une sorte de Docteur Mengele pratiquant l’infanticide à la chaîne. Nous ne sommes pas à Auschwitz-Birkenau mais au Centre Ginemedex, une clinique de la banlieue de Barcelone. Chaque jour, des enfants sont extraits par les pieds jusqu’à ce que le médecin soit en mesure d’enfoncer une tige creuse à la base de leur crâne afin de procéder à l’aspiration du cervelet.

Ces enfants dont le développement varie entre 24 et 32 semaines, sont tués alors qu’à partir de 6 mois de grossesse, un prématuré a 75 % de chances de vivre et de se développer normalement en couveuse. C’est sur ce fait démontré statistiquement que s’est fondée récemment une parlementaire britannique pour demander un abaissement du plafond légal de l’avortement en Grande Bretagne.

Il faut également savoir que l’horreur ne connaît pas de limite avec la mort de l’enfant, puisque son corps est déjà utilisé comme une précieuse matière première. L’enfant avorté est en passe de devenir un enjeu économique : aux Etats-Unis, des prélèvements sont effectués à des fins de recherche sur la maladie de Parkinson ou pour des opérations ophtalmologiques. A quand les crèmes antirides à base de cellules souches de fœtus « made in Barcelone » ?

Pas d’infraction…

Après la publication de ce travail d’investigation dans les colonnes du Sunday Telegraph, John Reid, le ministre de la Santé du gouvernement Blair, a diligenté une enquête exceptionnelle sur le BPAS et contacté les autorités de la Généralité de Catalogne, lesquelles se sont contentées d’une inspection de pure forme avant de classer l’affaire.

Informées de la situation depuis de nombreuses années par des associations de médecins et de personnels de santé catholiques, les autorités catalanes ont démontré par leur inaction, les accointances que certains de ses représentants entretiennent avec le « tourisme de l’avortement ». La détresse des femmes semble être un filon des plus lucratifs ou se conjuguent des intérêts très divers.

Un an après les révélations concernant les liens étroits entre le BPAS et la clinique Ginemedex, l’enquête ministérielle britannique connaissait une fin similaire (3) à celle de la Généralité de Catalogne. Le scandale révélé par le Sunday Telegraph a été rapidement circonscrit sans heurts pour le BPAS et ses représentants. Aucune des personnes mises en cause n’a été poursuivie, à l’exception d’une richissime gynécologue de Birmingham ayant accompagné une jeune femme à Barcelone pour mettre fin à une grossesse de 32 semaines.

Les conclusions de la commission d’enquête britannique sont édifiantes : le BPAS n’a pas commis d’infraction en communiquant des informations permettant d’avorter illégalement à l’étranger. Finalement, ce qui pourrait être considéré comme une incitation à l’infanticide au Royaume Uni, ne l’est plus à partir du moment où ce crime se produit hors de ses frontières.

Caméra cachée

Pour les différents acteurs du « tourisme de l’avortement », les choses n’ont pas tardé à rendre leur cours normal. Même si de temps en temps, leur horrible business est dénoncé dans les médias. La dernière affaire ayant défrayé la chronique est un reportage avec caméra cachée effectué au mois d’octobre dernier par une chaîne publique de la télévision danoise. Celle-ci revêt un caractère singulier dans la mesure où le médecin qui a été piégé est le docteur Carlos Morin, qui, à l’instar d’un magnat triomphant, a été surnommé par ses pairs « le roi de l’avortement ».

Dans le reportage, il précise la manière dont il va procéder alors que son interlocutrice lui a déclaré être enceinte de 32 semaines ! Il n’oublie pas au passage de mentionner le montant de ses honoraires pour un infanticide médicalisé : 4 000 euros.

Cette nouvelle affaire a causé un grand émoi dans les pays de l’Union européenne où ces images ont été diffusées. Elle a un peu moins ému les responsables politiques catalans : après avoir une nouvelle fois diligenté une enquête pour la forme, le responsable du Département de Santé de Catalogne, Rafael Manzanera, a classé « l’affaire Carlos Morin » comme il l’avait fait en octobre 2004 dans le cas « Ginemedex », démontrant ainsi que cette situation procède avant toute chose d’un choix politique. Un choix diabolique.

   David Fontey

(1) Le « British Pregnancy Advisory Service » (BPAS) est l’équivalent de notre Planning familial. Cette organisation est dotée d’une subvention annuelle de 12 millions de livres par le Ministère de la Santé britannique. Chaque année, les infrastructures du BPAS prennent en charge 50 000 avortements, soit 25% du total annuel. Sa directrice est Ann Furedi, l’épouse du fondateur et actuel leader du British Revolutionary Communist Party (RCP), et ancienne collaboratrice des revues marxistes britanniques.

(2) « Spanish clinic faces police inquiry over late abortions » par Daniel Foggo et Charlotte Edwardes, Sunday Telegraph, 17/10/2004.

(3) “Abortion provider did not break law with late referrals” par Lindsay Moss, THE SCOTSMAN, 21/09/2005.

 

Voir aussi :

- 30 ans ça suffit